Deux régimes fiscaux en LMNP : le micro-BIC, simple et forfaitaire, et le régime réel, plus technique mais souvent bien plus avantageux. Sur un T2 à 10 000 € de loyers annuels avec crédit, l'écart atteint 2 360 € d'impôts par an en faveur du réel. Voici comment trancher.
Les deux régimes du LMNP en un coup d'œil
85 % des LMNP qui ont opté pour le régime réel ne paient aucun impôt sur leurs loyers (Jedeclaremonmeuble). Ce chiffre dit beaucoup sur l'écart entre les deux options.
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes brutes. Vous déclarez la moitié de vos loyers comme revenu imposable — aucune justification de charges, aucune comptabilité. Simple.
Le régime réel fonctionne à l'inverse : vous déduisez toutes vos charges réelles (intérêts d'emprunt, assurances, frais de gestion, charges de copropriété) et vous amortissez le bien et le mobilier sur leur durée d'usage. Le bénéfice imposable est souvent proche de zéro, voire nul pendant des années.
Les deux régimes relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), ce qui distingue le LMNP de la location nue, imposée en revenus fonciers. C'est cette appartenance au régime BIC qui rend l'amortissement possible — inaccessible en location nue.
Le régime réel n'est pas réservé aux gros investisseurs. Dès qu'il y a un crédit en cours, l'amortissement + les intérêts d'emprunt dépassent presque toujours l'abattement forfaitaire de 50 %. La bonne question n'est pas « suis-je assez gros pour le réel ? » mais « est-ce que mes charges réelles dépassent 50 % de mes loyers ? ».
Micro-BIC : comment ça marche concrètement ?
Le micro-BIC est le régime par défaut si vous ne faites rien. Vous y restez automatiquement tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 € (seuil 2026). Au-delà, le régime réel devient obligatoire.
Le calcul est simple. Loyers perçus : 10 000 €. Abattement 50 % = 5 000 €. Revenu imposable : 5 000 €. Vous appliquez ensuite votre tranche marginale d'imposition (TMI) + les prélèvements sociaux à 17,2 % sur ces 5 000 €.
Pour un investisseur à 30 % de TMI : (30 % + 17,2 %) × 5 000 € = 2 360 € d'impôts et prélèvements sociaux sur 10 000 € de loyers.
Ce régime est pertinent dans un cas précis : bien acheté sans crédit, charges annuelles faibles (pas de travaux, pas de gestion locative, pas de grosses cotisations de copropriété), mobilier déjà totalement amorti. L'abattement de 50 % peut alors être légèrement supérieur aux charges réelles.
Pour le meublé de tourisme non classé, l'abattement a été ramené à 30 % depuis la loi Le Meur (novembre 2024), avec un seuil abaissé à 15 000 €. L'avantage du micro-BIC tourisme a fondu. Le classé conserve 71 % d'abattement jusqu'à 83 600 €. → lmnp-tourisme-airbnb pour les détails.
Hors tourisme non classé, le micro-BIC reste une option valable pour les petits patrimoines sans dette. Mais calculer avant de choisir reste la règle.
Régime réel : charges + amortissement, le duo gagnant
Au régime réel, vous déduisez toutes vos charges réelles et vous amortissez le bien sur sa durée d'usage. Ce double mécanisme permet d'effacer l'impôt pendant des années.
Les charges déductibles couvrent : intérêts d'emprunt, assurance propriétaire non occupant (PNO), frais de gestion locative (~8 %), charges de copropriété non récupérables, taxe foncière, frais d'entretien et de réparation, honoraires d'expert-comptable, cotisation foncière des entreprises (CFE).
L'amortissement est la pièce maîtresse. Il étale comptablement le coût du bien sur sa durée de vie — sans sortie d'argent. Pour un T2 acheté 200 000 €, le terrain représente environ 20 % (non amortissable), soit une base amortissable de 160 000 €. L'amortissement annuel total (gros œuvre, toiture, agencements, mobilier) tourne autour de 5 000 à 7 000 € par an. → Voir amortissement-lmnp pour le calcul par composants.
Une comptabilité est obligatoire : déclaration 2031 + bilan simplifié 2033. La plupart des LMNP font appel à un expert-comptable (150 à 400 €/an). Les adhérents d'un centre de gestion agréé (CGA) bénéficient en plus d'une réduction d'impôt égale aux honoraires d'adhésion — le coût réel tombe souvent à zéro.
Point à ne pas rater : si les charges + amortissements créent un déficit BIC, ce déficit n'est pas imputable sur le revenu global. Il est reportable sans limite de durée sur les BIC futurs. L'amortissement ne crée pas de déficit — il est « mis en réserve » jusqu'à ce que les charges courantes soient couvertes.
Simulation chiffrée : T2 à 200 000 €, 10 000 € de loyers
Voici un exemple concret pour un T2 acquis 200 000 € (frais de notaire inclus), loué meublé 833 €/mois soit 10 000 €/an, avec un crédit de 180 000 € sur 20 ans à 3,5 %.
| Paramètre | Micro-BIC | Régime réel (estimé) |
|---|---|---|
| Loyers bruts annuels | 10 000 € | 10 000 € |
| Abattement forfaitaire (50 %) | – 5 000 € | — |
| Intérêts d'emprunt (année 1) | — | – 5 900 € |
| Charges de copropriété nettes | — | – 800 € |
| Assurance PNO + taxe foncière | — | – 700 € |
| Frais de gestion (8 %) | — | – 800 € |
| Amortissement annuel estimé | — | – 6 000 € |
| Total déductions | 5 000 € | 14 200 € |
| Bénéfice imposable BIC | 5 000 € | 0 € (déficit mis en réserve) |
| Impôts + prél. sociaux (TMI 30 %) | 2 360 € | 0 € |
| Économie annuelle vs micro-BIC | — | 2 360 € |
Quand basculer du micro-BIC au réel ? L'arbre de décision
La règle : si vos charges réelles + amortissement dépassent 50 % de vos recettes, le régime réel est plus avantageux. Ce seuil est franchi dès qu'il y a un crédit en cours.
Arbre de décision :
→ Vous avez un crédit immobilier en cours ? Réel dans la quasi-totalité des cas.
→ Pas de crédit, bien récent ou travaux récents ? Calculez : intérêts + charges + amortissement estimé. Si le total dépasse 5 000 € sur 10 000 € de loyers → Réel.
→ Pas de crédit, bien ancien, mobilier déjà amorti, charges minimales ? Micro-BIC peut convenir. Mais vérifiez quand même.
→ Location touristique non classée ? Avec le nouvel abattement à 30 %, le seuil de bascule est atteint encore plus tôt. Réel très souvent préférable — ou classement à envisager.
Le calcul exact : charges réelles annuelles + amortissement estimé > 50 % des loyers bruts. Si oui, chaque euro au-delà de ce seuil n'est taxé qu'une fois au micro-BIC — au réel, il est entièrement effacé.
Un seul scénario où le micro-BIC gagne clairement : loyers très faibles (< 3 000 €/an), bien entièrement payé, aucun crédit. Le gain fiscal ne justifie pas le coût de la comptabilité.
Comment changer de régime : la procédure exacte
Changer de régime fiscal ne se fait pas d'un simple clic. Procédure encadrée, délais stricts.
Procédure de bascule
Pour basculer du micro-BIC au régime réel :
- Rédigez un courrier de levée d'option adressé à votre Service des Impôts des Entreprises (SIE) — celui dont dépend l'adresse du bien loué, pas votre domicile.
- Le courrier doit parvenir au SIE avant le 1er février de l'année à partir de laquelle vous voulez appliquer le réel. Pour une application en 2026, le délai est dépassé — à anticiper pour 2027.
- L'option pour le réel engage pour deux exercices minimum. Pas de retour au micro-BIC l'année suivante si ça ne vous convient pas.
- Après deux ans, vous pouvez ne pas renouveler — retour automatique au micro-BIC si vous êtes sous les seuils.
Documents à préparer
Documents nécessaires pour la première déclaration réel :
- Acte de vente (pour la valeur d'acquisition)
- Tableaux d'amortissement par composant (établis par votre expert-comptable ou vous-même)
- Relevés des charges de l'année : intérêts, assurances, factures travaux, appels de fonds copropriété
Adhésion CGA et régularisation
La majoration de 25 % du bénéfice imposable sans CGA a été supprimée depuis 2023, mais l'adhésion reste utile : contrôle des déclarations, réduction d'impôt égale aux frais d'adhésion.
Vous avez acquis le bien il y a plusieurs années sans jamais opter pour le réel ? Vous pouvez encore le faire. L'amortissement court à partir de la date d'option, pas de la date d'achat — mais les charges courantes (intérêts, etc.) sont déductibles depuis la mise en location.
Questions fréquentes

Quand j'ai voulu analyser mon premier projet immobilier, aucun simulateur ne me convenait vraiment, souvent trop simplistes ou trop usine à gaz. Ce qui était au départ un simple outil personnel est devenu, petit à petit, une plateforme que j'ai eu envie de partager avec tous ceux qui veulent mieux comprendre l'immobilier. Si ça vous aide, tant mieux ; si vous avez des suggestions, encore mieux.
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